Desert Dancer de Richard Raymond (2014)


Film de Richard Raymond (2014).
Avec Reece Ritchie, Tom Cullen, Nazanin Boniadi, Freida Pinto...
Chorégraphies d'Akram Khan.
Alors que l'État iranien interdit toute forme de danse et de mouvement artistique, Afshin va tout risquer pour créer sa propre compagnie de danse.
Desert Dancer est un film britannique dont le récit se situe en Iran, à la fin des années 2000. C'est surtout l'histoire d'Afshin Ghaffarian qui est ici racontée. Particulièrement fasciné par l'univers de la danse, et plus généralement par le monde artistique, il va s'intéresser très tôt au parcours de Rudolf Noureev, un danseur étoile qui quitta l'URSS en 1961, en demandant l'asile politique à la France. Les problèmes politiques des pays d'origine de Rudolf Noureev et d'Afshin Ghaffarian sont mis en parallèle, la répression en Iran étant d'autant plus forte puisqu'aucun art n'est toléré, ni aucun contact hors mariage entre un homme et une femme (pas facile quand il est question de danse). L'université représente non seulement l'avenir intellectuel du pays, mais en plus, permet aux étudiants de créer des liens, soulever des idées, voire solliciter des créations artistiques impossibles ailleurs. La difficulté se porte ainsi sur plusieurs niveaux : faire confiance aux personnes qui sont au courant, et trouver des lieux à l'abri des regards, hors d'atteinte des Basij (gardiens de la révolution islamique -sorte de Gestapo-), loin de la ville, en plein cœur du désert.

Une fois le contexte posé, Desert Dancer s'intéresse surtout à ce groupe d'étudiants, militant pour Moussavi, juste avant l'élection présidentielle. L'écriture scénaristique manque souvent de subtilité, l'idée de montrer la rébellion souterraine d'une jeunesse iranienne est intéressante mais l'ensemble reste trop lisse. Les scènes de danse sont assez inégales, même si elles représentent plutôt bien le mode de vie iranien : des pas et des gestes tout en retenue afin de montrer la difficulté d'échange et de liens entre hommes et femmes. L'une des chorégraphies principales montre aussi le joug de l'État islamique qui ne rôde jamais loin. Le film permet de pointer du doigt les envies et les besoins d'une jeunesse iranienne, emprisonnée devant un mur d'interdits. Ce film m'a rappelé Les Chats Persans qui s'était intéressé aux groupes musicaux de Téhéran. Sans marquer les esprits, Desert Dancer reste un long-métrage à découvrir pour son sujet, et aussi un peu pour la danse.

► Le grand Bob Fosse est également cité dans le film. Coïncidence ou non, Afshin fait le même signe que dans cette fin de scène de Sweet Charity.
► Conseil de lecture bande dessinée : Love Story à l'iranienne de Jane Deuxard et Deloupy (Delcourt, 2016).

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