The Revenant d'Alejandro González Iñárritu (2015)


Film d'Alejandro González Iñárritu (2015).
Scénario de Mark L. Smith et Alejandro González Iñárritu, d'après le roman de Michael Punke.
Photographie de Emmanuel Lubezki.
Musique de Ryûichi Sakamoto et Alva Noto.
Avec Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson, Will Poulter...
Début des années 1820. Chargés en fourrures, des trappeurs reprennent le chemin du retour vers le Fort Kiowa. Bravant une nature difficile à apprivoiser et les attaques de la tribu indienne des Arikaras, Hugh Glass est celui qui guide l'expédition. Laissé pour mort après une attaque, il va devoir, seul, et grièvement blessé, rejoindre le fort.
Le récit du film The Revenant se situe dans une Amérique du Nord dont la colonisation est en cours. L'ouest américain n'a pas encore été conquis, la ruée vers l'or n'est pas encore à l'ordre du jour. Les tribus indiennes des Arikaras et des Pawnees défendent leurs territoires que les Britanniques et Français traversent et pillent de leurs fourrures. Cet état des lieux forme le point de départ du film. Marié à une Pawnee, Hugh Glass est celui qui va faire le lien entre les colonisés et les trappeurs. La scène d'ouverture du film immerge d'emblée le spectateur dans une ambiance de peur, celle d'une attaque toujours imminente. Vive et proche des personnages, la caméra embarque le spectateur entre les flèches, les tirs d'armes à poudre, dans une course effrénée, fluide et agile jusqu'à dos de cheval. L'homme est le pire ennemi de son semblable, qui plus est dans une nature sauvage, tant pour sa météo que sa faune.

Tel un chat, le chasseur incarné ici par Leonardo DiCaprio passe d'une vie à l'autre en survivant sur un territoire menaçant et dangereux. Le film d'Iñárritu ne lésine pas sur les séquences héroïques et crues,  les râles de l'acteur renforcent l'atroce souffrance qu'il a subie. Plus que l'histoire d'une survie, The Revenant est aussi le récit d'une vengeance tout en revenant sur une partie de l'histoire du continent nord-américain : le front pionnier et ce mythe de la Frontière. Le résultat sur grand écran offre une incroyable odyssée au cœur d'une nature à l'état brute, centrée sur des personnages allant au-delà de ce que l'espèce humaine peut supporter. Le chef opérateur Emmanuel Lubezki (Le Nouveau Monde, Gravity) a réalisé un superbe travail de photographie, préférant la lumière et les décors naturels. The Revenant propose l'une des plus fantastiques séances de ce début d'année, laissant un souvenir férocement marquant, et maîtrisé d'un bout à l'autre.


► L'histoire du trappeur Hugh Glass a déjà été portée à l'écran en 1971 dans Man in the Wilderness (Le Convoi Sauvage), un film de Richard C. Sarafian.
► Emmanuel Lubezki, qui a sûrement été par influencé par Tarkovsky. Compte Instagram du photographe.

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