[Premiers Plans] Préjudice d'Antoine Cuypers (2015)


Film d'Antoine Cuypers (2015).
Avec Nathalie Baye, Arno Hintjens, Thomas Blanchard, Ariane Labed, Eric Caravaca, Cathy Min Jung, Arthur Bols, Julien Baumgartner.
Lors d'un repas de famille, Cédric, la trentaine, vivant toujours chez ses parents, apprend que sa sœur attend un enfant. Alors que tout le monde se réjouit de cette nouvelle, elle provoque chez lui un ressentiment qui va se transformer en fureur. Il tente alors d'établir, aux yeux des autres, le préjudice dont il se sent victime depuis toujours. Entre non-dits et paranoïa, révolte et faux-semblants, jusqu'où une famille peut-elle aller pour préserver son équilibre ? (source Premiers Plans).
Le réalisateur belge Antoine Cuypers réalise ici son premier long-métrage, sélectionné pour la compétition du festival Premiers Plans 2016. Une ambiance pesante et angoissante s'installe assez rapidement dans Préjudice. Le film nous fait ressentir de manière implicite un sentiment d'inconfort, quelque chose ne tourne pas rond dans cette maisonnée, mais impossible de clairement mettre le doigt sur la véritable raison. Thomas Blanchard incarne brillamment le rôle de ce frère mal-aimé et mal dans sa peau. Comment discerner le vrai du faux, comment interpréter les allégations de Cédric qui va revenir sur un passé semble-t-il douloureux où il était régulièrement mis de côté ? Cette tension familiale apparaît dès les premières scènes du film et s'amplifie sans presque ne jamais retomber. La musique prend aussi une part très importante, prenant parfois toute la place de la bande son.

Le scénario joue avec le spectateur, nous fait basculer d'un avis à un autre sans jamais nous laisser décider ce qu'il se passe vraiment dans cette famille. Aucun des membres de celle-ci n'est laissé pour compte, même le frère absent du dîner est astucieusement intégré au récit. C'est le rôle la mère, joué par Nathalie Baye, qui trouble le plus nos esprits. Cette ambiguïté installe pour de bon un malaise tout au long du film. Des scènes restent en mémoire plus que d'autres, que ce soit au niveau de l'esthétique (la pluie), ou de détails comme le plan en contre-plongée sur l'enfant dans le couloir dont la moquette fait évidemment penser à Shining. On pense aussi au film de Stanley Kubrick avec ce tournage entièrement réalisé en huis-clos : la maison, ses couloirs et ses nombreuses pièces rappellent forcément l'Hôtel Overlook. Préjudice est un film passionnant et déstabilisant que je vous conseille vivement, à découvrir en salles dès le 3 février prochain.

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