Mad Max: Fury Road de George Miller (2015)


Film de George Miller (2015)
Scénario de George Miller, Brendan McCarthy, Nick Lathouris
Chef opérateur : John Seale
Musique de Junkie XL
Avec Charlize Theron, Tom Hardy, Nicholas Hoult, Hugh Keays-Byrne, Zoë Kravitz, Rosie Huntington-Whiteley, Riley Keough...
Quatrième volet de la saga Mad Max, il se retrouve cette fois-ci embarqué involontairement dans une course-poursuite effrénée : Furiosa vient de trahir Immortan Joe en lui voulant ses biens les plus précieux.
Mad Max: Fury Road s'ouvre sur un plan du mythique Interceptor, avec la Ford Falcon déjà croisée dans les précédents films. La caméra nous accompagne ensuite vers un Max tout emmitouflé, surplombant la vallée, un plan aussi croisé dans le second film. Tom Hardy reprend le flambeau avec brio, même s'il lui manque un brin de folie dans son regard (le regard bleu et embrasé de Mel Gibson était tout simplement parfait), et que sa voix est une fois de plus trop transformée. En quelques images, Fury Road nous embarque à nouveau dans un monde dominé par le chaos. Alors que les premiers Mad Max sont sortis peu de temps après les chocs pétroliers de 1973 et 1979, le film est cette fois-ci orienté vers l'écologie : après la pénurie d'essence, le monde de Mad Max: Fury Road vit une forte pénurie d'eau. Les plus puissants se sont appropriés les principales sources (Immortan Joe interprété par Hugh Keays-Byrne qui a joué le rôle de Toecutter dans le film de 1979), et les plus faibles survivent comme ils peuvent, en s'embarquant aveuglément dans des missions suicidaires pour le compte de l'oppresseur (les war boys). 

La femme est énormément représentée dans ce quatrième film. Le corps (de la femme) est devenu de nos jours le centre d'attention, physique et commercial  : il doit être parfait et représenter un idéal féminin que n'importe quelles revues et publicités vendent à profusion chaque jour (il suffit de saisir "corps" et "femme" dans google pour voir apparaître en têtes de liste : "corps femme parfaite" et "corps femme normal"). Le film met en scène des femmes utilisées comme des marchandises, comme des trésors, devenues la propriété de celui qui dirige cette communauté. Les mères porteuses servent à créer l'être humain parfait afin de repousser la dégénérescence humaine. C'est Furiosa qui va ainsi prendre les rênes pour fuir ce monde. Même si Max a déjà croisé des femmes guerrières dans les précédents films, Furiosa est celle qui les détrône toutes, et encore mieux : elle domine la gent masculine avec succès. Charlize Theron est parfaite dans ce rôle, dès le premier regard, on sent l'étincelle de fureur et ce désir de réussir coûte que coûte sa mission : libérer un groupe de femmes. 

Max ne fait que croiser leur route et permet d'intégrer Furiosa à la mythologie Mad Max. Mais comme dans Mad Max 2, il va se servir de la détresse de ce groupe de femmes pour fuir, ensemble, les mêmes assaillants. Et comme dans ce même film, ils s'éloignent d'eux pour se jeter à nouveau dans la gueule du loup. Pour revenir à Furiosa, elle n'a pas le physique habituel de l'héroïne sexy de films blockbuster : grande, cheveux très courts (presque rasés), un handicap avec un bras en moins. Et pourtant, elle représente tout ce qu'il y a de plus beau et de furieusement sexy dans ce film : du regard à l'allure, le ton est donné dès qu'elle apparaît à l'écran. Peu bavarde et persévérante, elle suit sa mission sans douter. Le duo avec Max fonctionne bien, ils se servent mutuellement l'un de l'autre. Elle va même se servir de lui pour prendre appui et tirer sur l'ennemi. Construit comme une énorme course poursuite dans le désert (somptueux décors tournés en Namibie et Afrique du Sud), Mad Max: Fury Road enchaîne l'action sans laisser le spectateur se reposer dans son fauteuil. Les cascades sont brillamment chorégraphiées et se succèdent à vive allure. Jubilatoire est le terme qui décrit plutôt bien cette ambiance d'opéra rock où même le guitariste est utilisé pour ne jamais laisser le silence s'installer dans ce désert. Il y aurait bien d'autres choses à ajouter et à développer dans ce texte (les war boys, les véhicules transformés, le parallèle avec les westerns, les nombreux clins d'œil avec les précédents Mad Max...), mon sentiment en fin de séance, et plusieurs semaines après, est assez clair : j'ai adoré... What a lovely day !

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