Enemy de Denis Villeneuve (2013)


Film de Denis Villeneuve (2013).
Adapté d'un roman de José Saramago : L'autre comme moi (Le Seuil, 2005).
Scénario de Javier Gullón. Musique de Danny Bensi & Saunder Jurriaans.
Avec Jake Gyllenhaal, Sarah Gadon, Isabella Rossellini, Mélanie Laurent... 
[Ne pas lire ce qui suit si vous souhaitez découvrir tous les détails en salles].
Après avoir découvert son exact sosie dans un film, un homme part à sa recherche sans réaliser les conséquences que cela va susciter...
Presqu'un an après la sortie Prisoners, Denis Villeneuve est de retour avec ce long-métrage adapté d'un roman de José Saramago. Il retrouve également l'acteur Jake Gyllenhaal qui endosse ici deux rôles différents. Le réalisateur nous plonge dans une étrange ambiance, très urbaine, brumeuse, et en même temps plutôt désertique pour une ville. Les figurants se font rares, les décors sont minimalistes (surtout l'appartement d'Adam), et les acteurs secondaires sont peu nombreux : Sarah Gadon et Mélanie Laurent dans les rôles dans des femmes d'Adam et Anthony, et Isabella Rossellini qui interprète celui de la mère. La femme est ainsi au cœur du récit, prenant les visages de la petite amie, la femme enceinte et la mère. De nombreux détails sont disséminés dans le film, comme la célèbre sculpture Maman de Louise Bourgeois, en mouvement entre les immeubles de la ville. Et puis l'affiche du film Attack of the 50 Foot Woman, au vidéoclub. 

Si la femme, ou plutôt la mère, est autant représentée, c'est notamment pour illustrer le fait que le(s) personnage(s) qu'interprète Jake Gyllenhaal a certaines difficultés à s'engager : infidélités, le sex-club, fuite du domicile conjugal alors que sa femme est enceinte, et puis cette araignée que l'on voit un peu partout, en symbole de la femme. Comme si Adam/Anthony appréhendait être dominé par la Mère, cherchant à tout prix à s'en éloigner. Malgré quelques passages plus lents, le film perd le spectateur avec les deux rôles que joue Jake. Sosie, dédoublement de la personnalité ? Chacun ira de ses propres déductions. Deux notions ressortent dans cette histoire : l'angoisse de la paternité et la promesse de la fidélité dans le mariage. La musique pesante de Danny Bensi et de Saunder Jurriaans rend aussi l'atmosphère encore plus troublante, mais finalement, il manque comme un ingrédient-surprise dans cette recette. 3-4/6

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