12 Years a Slave de Steve McQueen (2013)


Un film de Steve McQueen (2013) 
Avec Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Lupita Nyong'O, Benedic Cumberbatch, Brad Pitt, Bryan Batt, Paul Giamatti, Sarah Paulson, Alfre Woodard, Garret Dillahunt...

Continuons avec un autre film nominé aux Oscars, 12 Years a Slave, qui est seulement le troisième long-métrage du britannique Steve McQueen. Après les percutants Hunger et Shame, il retrouve l'acteur Michael Fassbender, qui l'a suivi dans tous ces projets, et revient avec un récit basé sur l'histoire vraie de Solomon Northup, homme libre embarqué en tant qu'esclave pendant 12 années. 

*Ne pas lire ce qui suit si vous souhaitez le découvrir par vous-mêmes*. 

Ne s'occupant pas forcément de l'ordre chronologique, le film suit Solomon Northup (Chiwetel Ejiofor) au sein de différentes plantations où l'esclavage est le moyen essentiel de ses propriétaires pour faire vivre leurs propriétés. Peu bavard, le personnage principal est comme en apnée pendant ces douze années (et par la même occasion nous aussi pendant ces 2h20), une période qui se paraît d'un seul coup sur lui à la toute fin, avec l'apparition de cheveux grisonnants, quand il se retrouve sur le pas de sa porte. Afin de rester près des siens mentalement, c'est comme s'il s'était fermé un maximum à ce qu'il l'entoure, même si son savoir et son besoin de défendre ses droits et ceux des autres restent présents, surtout au début de son emprisonnement. Cet enfermement s'accentue encore plus avec la musique, qu'il est forcé de jouer pour divertir ses maîtres. La destruction du violon montre bien ce sentiment de frustration, de dépossession et d'éloignement envers lui-même. L'écriture, ou plutôt l'impossibilité d'écrire, a aussi son importance, preuve d'instruction et d'intelligence, c'est aussi l'un des blâmes les plus flagrants, et l'un des plus dangereux, que l'on puisse lui faire.

Du côté de la mise en scène, Steve McQueen se concentre sur les faits et sur le jeu de ses acteurs, sans divertir une seule seconde. Ici, pas de séquence de cagoulés qui se prennent la tête sur la confection de leurs sacs par exemple. Entre douleur et impuissance face à ce récit, le film donne clairement un effet coup de poing. Comme je le disais plus haut, Steve McQueen nous tient les yeux grands ouverts pendant 2h10, pour nous faire craquer, enfin, lors de la dernière scène, avec des larmes qui n'en finissent plus. Ceci est une page de l'histoire américaine, illustrée avec réalisme, dans un chagrin que personne ne pourra jamais réconforter. Neuf fois nominés aux prochains Oscars, 12 Years a Slave est certainement l'un des films les plus marquants de cette année. 5/6

1 commentaire:

  1. Marquant c'est le mot, je suis encore capable d'en avoir les larmes aux yeux rien qu'en y pensant !

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