Oslo, 31 Août, de Joachim Trier


Film de Joachim Trier (2012) 
Avec Anders Danielsen Lie, Hans Olav Brenner, Ingrid Olava...
Oslo, un 31 août, Anders achève bientôt sa cure de désintoxication, et profite d'une journée autorisée par le centre pour passer un entretien d'embauche, et revoir des anciennes connaissances...
S'ouvrant sur une scène assez déroutante, Oslo, 1 Août nous immerge ensuite dans la ville norvégienne d'il y a 30 ou 40 ans, gorgée de souvenirs racontés par une voix off. Anders est trentenaire et s'apprête à quitter le centre de désintoxication où il était traité depuis quelques temps. Profitant d'un entretien d'embauche à l'extérieur, il va revoir d'anciens amis, et sa famille. Rongé par le remords de sa période de toxicomane, il retrouve pourtant facilement le contact avec son entourage, parlant posément et trouvant les bons mots pour exprimer ce qu'il éprouve. La peur de ne pas être à la hauteur à un nouvel emploi (malgré une honnêteté très franche vis-à-vis de son passé). Le désarroi de devoir reprendre à zéro sa vie à 34 ans, alors que ses amis sont à présent mariés et parents (certains, voire la plupart, ne respirant pas pour autant le bonheur avec un grand B). La honte d'avoir causé tant de mal dans la vie de ses parents et de sa sœur. Des conflits, résolus ou non, avec les autres, mais surtout avec lui-même.

Le film suit son personnage principal avec beaucoup de légèreté et d'empathie, Anders vivant chaque instant comme sur le fil d'un rasoir. Une conversation, des retrouvailles, des personnes absentes, il avance vers un avenir sans certitude, ses proches -autant que nous spectateurs- retenant leur souffle pour la suite. La mise en scène est composée de très jolies scènes, le café, les séquences de nuit, la solitude d'Anders. Oslo, 31 Août est un portrait à la fois mélancolique et douloureux d'une jeunesse un peu perdue. Très beau film fragile (avec également une chouette bande son signée Torgny Amdam et Ola Fløttum). 5/6

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