[bilan] Homeland, saison 1 {Showtime}


Série originale israélienne créée par Gideon Raff, scénario d'Alex Gansa et Howard Gordon
Diffusion sur Showtime - Saison 1 de 12 épisodes
Avec Claire Danes, Damian Lewis, Morena Baccarin, Mandy Patinkin, David Harewood, Diego Klattenhoff, Jackson Pace, Morgan Saylor, Chris Chalk, Amy Hargreaves...
Après huit ans de captivité, le sergent Nicholas Brody est libéré d'Iraq. Après avoir entendu les dernières confidences d'un condamné à mort à Bagdad, l'agent spécial de la CIA Carrie Mathison soupçonne ce retour de Brody comme une menace intérieure pour le pays...
Homeland fait partie des nouveautés de la rentrée 2011 diffusées sur la chaîne Showtime. Elle marque aussi le retour sur le petit écran de Claire Danes (17 ans après My So-Called Life, et un an après le film tv Temple Grandin) et Damian Lewis (Band of Brothers, Life). Le duo qu'ils forment est l'un des points forts de la série, ils sont aussi entourés d'un casting solide avec notamment Mandy Patinkin (Criminal Minds, Dead Like Me), ou Morena Baccarin (V, Firefly) pour ne retenir que les plus présents (les adolescents sont très bons également). 

Série d'origine israélienne, Homeland ne m'attirait a priori pas plus que ça, l'armée américaine, les conflits avec le Moyen-Orient, les menaces terroristes, tout cela m'ennuyait déjà d'avance. Et puis l'épisode pilote, très bien ficelé, a attisé ma curiosité. La suite encore mieux. En plus de poser le contexte et de présenter les personnages, ce premier épisode brosse un portrait complexe du gouvernement, de ses relations entre les agents, l'armée et vis-à-vis des pays dont les différends ne prennent jamais réellement fin. L'entretien entre Carrie et Nicholas illustre plutôt bien ce sentiment de malaise, cette méfiance pesante et omniprésente dans l'esprit des agents qui sont à la recherche d'éventuelles menaces, internes ou externes, envers le pays. L'histoire pourrait s'arrêter juste là, à des soupçons, de l'espionnage et des confrontations. Mais les personnages concernés apportent encore plus de complexité. 

Carrie Mathison est loin de l'agent de la CIA froid et sûre d'elle. Au sein de la CIA elle n'est d'ailleurs pas toujours prise au sérieux par ses supérieurs. Dans ses recherches, son côté instable apporte une énergie encore plus enflammée. Sa personnalité et son tempérament évoluent au cours de cette première saison, nous faisant vivre des phases en apparence ordinaires, alors que d'autres se rapprochent plus de la démence. Étant malgré tout un élément fort et précieux dans son métier, que peu prenne en considération, toute l'histoire s'articule autour de son état d'esprit, incluant des moments de lucidité, ainsi qu'un réel enchevêtrement des faits. Et le sergent Nicholas Brody dans tout ça? La série retrace ainsi son parcours, sa détention en Iraq et surtout sa réadaptation au sein de sa famille, ses amis, son métier. Là aussi son personnage est plus confus qu'on pourrait l'imaginer. D'autres éléments vont aussi se dresser sur son chemin, son meilleur ami, son couple, ses enfants devenus des adolescents, son identité perdue pendant huit ans, les médias, son avenir... Inversement c'est aussi son entourage qui doit s'adapter à nouveau à lui.

Alors que Rubicon se concentrait surtout sur les investigations, les conspirations et les recherches de preuves, Homeland a privilégié ses personnages, et la surveillance, en laissant de côté tout le processus long et fastidieux de l'enquête. On découvre pourtant le résultat de ces recherches que Carrie réorganise à sa manière, il est un peu dommage de voir tout ce pan se matérialiser ainsi, si rapidement. Mais ce n'est qu'un détail, Homeland se concentrant surtout sur les influences entre chacun, celle de Saul Berenson par exemple, incarné brillamment par Mandy Patinkin. Alambiquée et confuse, la série se révèle à la fois intense et imprévisible. Mentalement perturbés par leurs propres expériences, ses personnages en sont la force, le fil conducteur de ce récit. Renouvelée pour une seconde saison, Homeland est une série à découvrir. À noter qu'elle a remporté les Golden Globes dans les catégories meilleur drame de l'année et meilleure actrice pour Claire Danes. À suivre une bande-annonce, et pour découvrir le générique c'est ici.

2 commentaires:

  1. Intense et imprévisible ça résume bien je trouve, c'était vraiment la nouvelle série à ne pas manquer cet automne, et les Globes sont tout à fait mérités (surtout pour Claire Danes, qui excelle décidément avec les troubles psy !)

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  2. @Blythe : héhé oui tiens c'est vrai après son personnage de Temple Grandin, elle enchaîne avec un sacré rôle bien torturé également ;) Ravie en tout cas que la série soit une réussite, vu que j'en attendais que peu. Et Damian Lewis est aussi excellent, depuis Life il manquait sur mon petit écran!

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