Welcome to the Dollhouse {Bienvenue dans l'âge ingrat}, de Todd Solondz


Film de Todd Solondz (1996)
Avec Heather Matarazzo, Victoria Davis, Christina Brucato, Eric Mabius, Christina Vidal, Siri Howard, Brendan Sexton III, Telly Pontidis, Herbie Duarte, Scott Coogan.
Dawn Wiener entre tout juste dans l'adolescence, avec son lot de contrariétés et autres désagréments. Peu aidée par son physique, elle est méprisée par ses camarades de classe, et se sent mal aimée de sa famille, importunant à son tour sa petite sœur. Entre colère et premiers amours, Dawn ne rêve que de grandir...
Second long-métrage après Fear, Anxiety & Depression, Todd Solondz concentre son récit de Welcome to the Dollhouse sur Dawn, 11 ans, qui entre tout juste dans le monde de l'adolescence. Pas très débrouillarde, portant de grosses lunettes, et des vêtements ultra kitsch et colorés, elle est la cible de nombreuses railleries à son école. Chez elle, ce n'est pas beaucoup mieux, souvent incomprise, et peu écoutée, son côté introverti se fait d'autant plus ressentir, où seul son ami Ralphy lui sert de confident. Le film est le portrait du difficile passage de l'enfance au monde adulte, ses souffrances, ce sentiment de solitude et de désespoir que joue le rôle de Dawn. Ayant très peu d'amis (la scène de la cantine le décrit très bien), elle tente de s'immerger dans ce monde qui grandit trop vite pour elle, mais où elle aimerait déjà avoir franchi ce cap, et avoir les deux pieds dedans. Elle connaît aussi son premier amour, Steve Rodgers (joué par le tout débutant Eric Mabius aux cheveux longs, le Daniel Meade d'Ugly Betty) qui est un ami, et guitariste, de son grand frère. Plus vieux qu'elle, il a déjà à son palmarès de nombreuses conquêtes féminines. D'approches en tentatives de séduction, elle va tenter de percer le mystère des relations sexuelles en s'imaginant sortir avec Steve. Le récit du film a des airs parfois cruels, mais le personnage de Dawn dispose malgré tout d'un sacré tempérament, qui se défend comme elle peut en balançant en retour ses réparties. Les passages plus emportés de Dawn sont mis en valeur avec justesse grâce à des sons rock. Les moments plus calmes et emprunts d'une certaine légèreté reviennent surtout à la plus jeune sœur et ses pas de danse dans le jardin sur des musiques de Tchaikovsky. Welcome to the Dollhouse est un film à découvrir absolument. 4.5-5/6

5 commentaires:

  1. De ce réalisateur, je n'ai vu qu'Happiness, une comédie assez noire et dérangeante. J'avais moyennement aimé.

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  2. L'un de mes films cultes ! Je ne sais pas si c'est parce que le moi de 11 ans s'identifie - malheureusement - à Dawn, mais j'avais vraiment adoré et quand je l'ai revu il y a un ou deux ans ça m'a toujours fait le même effet, je trouve le film très fort et très touchant (cf ma critique sur FDC en section culte ;op); j'ai moins aimé les autres films de Todd Solondz par contre.

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  3. >ennA : ce film est le premier de Todd Solondz que je découvrais. Je pousserais sûrement la curiosité vers Happiness/Life During Wartime...

    >Blythe : Je me souviens quand tu en avais parlé, je l'avais noté sur ma liste à ce moment-là d'ailleurs. Donc oui, moi aussi je me suis un peu reconnue dans Dawn (malheureusement aussi), la scène de la cantine m'a ramenée tout de suite dans le passé... C'est parfois très cruel, mais aussi très touchant. Du coup, Palindromes est la suite de ce film? Le film ne me tente pas trop mais bon... Je regarderais peut-être les suivants.

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  4. Non Palindromes n'est pas vraiment la suite, il y a juste une allusion comme quoi Dawn est morte en début de film. Sinon c'est assez bizarre comme film, et son idée de prendre différentes actrices pour le même rôle ne sert à rien.

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  5. >Blythe : ah ok, bon je ne sais pas si je pousserais la curiosité à le regarder dans ce cas... (sauf si Happiness/Life During wartime me plaisent)

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