Gerry, de Gus Van Sant

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Film de Gus Van Sant (2002)
Avec Casey Affleck, Matt Damon.
Deux amis, Gerry et Gerry, s'enfoncent de plus en plus dans le désert, d'abord en voiture puis à pied, vers une destination connue que d'eux seuls. S'éloignant toujours plus, ils se retrouvent sans eau et sans nourriture, sans même savoir où se trouve leur véhicule.
Tourné dans l'ordre chronologique, le film Gerry suit le périple égaré de deux amis, en pleine nature, loin de toute civilisation. L'histoire commence en voiture, sous un soleil pesant, ils sont tout deux silencieux, on ne sait pas où ils vont, ni ce qu'ils font ici. Lors d'une pause, ils partent à pied sans rien emmener, à travers le désert. Croisant un petit groupe de gens, ils décident de s'éloigner des sentiers touristiques... S'ensuit une longue errance à travers des paysages américains (le tout début a été tourné en Argentine) saisissants, les personnages parlent peu, l'horizon s'éloigne toujours autant, preuve qu'autour d'eux, il n'y a pas l'ombre d'assistance, ni même d'eau. Ils ne paniquent pas, surtout au départ, même quand l'un d'entre eux se retrouve perché et bloqué en haut d'un rocher, ils marchent jusqu'à l'épuisement, pensant que derrière la prochaine montagne ou colline, l'espoir va renaître. 

Le film propose de longs plans-séquences, parfois en plans très rapprochés sur les acteurs (la scène où ils marchent à vive allure à un rythme régulier et similaire), ou au contraire des plans plus éloignés, notamment entre les deux Gerry, marquant le fait que l'un d'entre eux rencontre de graves difficultés. Les silences, la musique d'Arvo Pärt, les grandes étendues, les longues scènes, tout cela intensifient encore plus le sentiment d'isolement et de perdition, une sensation allant même caresser la folie. La photographie est un autre atout, le chef opérateur Harris Savides (qui a travaillé dernièrement pour Sofia Coppola et son film Somewhere) a joué avec la lumière, notamment dans la scène de fin avec l'effet jour/nuit sur le Lac Bonneville. En parlant du Lac Bonneville, les décors du film sont splendides, les dunes de sable, les montagnes escarpées, puis ce lac salé, accentuant encore plus l'effet de désolation, le poids de la lumière et la chaleur, et l'immensité du désert de sel. Gerry est au final un film certes contemplatif, mais également captivant. Que deviennent-ils? je me suis même posé la question s'ils n'étaient pas une seule et même personne... Bref un film à voir dans la filmographie de Gus Van Sant (à retrouver ici). 4.5-5/6

4 commentaires:

  1. Tiens dans mon souvenir c'était 2 frères... Et je n'ai jamais envisagé que c'était une seule personne, mais il faut dire que je me suis ennuyée comme la mort devant ce film, j'aime ce que fait Van Sant en général mais là j'ai eu l'impression de feuilleter un livre de belles photos dont les pages tournent trop lentement...

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  2. >blythe : 2 frères qui s'appelleraient pareil? jolie métaphore en tout cas pour le livre de photos... je ne dirais pas non plus que j'étais super passionnée devant le film, mais j'ai aussi aimé cette lenteur. Par contre à leur place, j'aurais paniquer bien plus que ça!

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  3. Ben je me souviens pas qu'ils s'appelaient tous les 2 Gerry non plus !

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  4. >blythe : j'ai d'abord cru que seul un personnage avait un prénom...

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