[bilan] Boardwalk Empire {saison 1}, de Terrence Winter

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Série créée par  Terence Winter (2010-...)
Produite par Martin Scorsese, Mark Wahlberg (entre autres)
Saison 1 de 12 épisodes
Avec Steve Buscemi, Michael Pitt, Kelly MacDonald, Stephen Graham, Michael Shannon, Aleksa Palladino, Michael Kenneth Williams, Vincent Piazza, Dabney Coleman, Paz de la Huerta.
Immersion dans une Amérique en pleine prohibition, Boardwalk Empire se situe au début des années 20, à Atlantic City, là où Nucky Thomson possède tous les pouvoirs, notamment ceux de la vente d'alcool, pourtant réprimée...
Dès l'annonce de ce projet, Boardwalk Empire avait tout pour me plaire, l'époque, le thème, les acteurs et des noms comme Martin Scorsese, producteur de la série, également réalisateur de l'épisode pilote. Ce premier épisode installe brillamment l'ambiance générale d'un Atllantic City des années 20, où l'alcool coule toujours autant à flot, malgré la prohibition. Les personnages nous sont présentés, leurs connexions, leurs rivalités, les escroqueries et des noms mafieux connus comme Al Capone ou Lucky Luciano. La reconstitution historique est superbe, les tenues, les décors, la série nous embarque avec style dans les années 20.

Et pourtant, même si ce pilote m'a beaucoup plu, je me suis accrochée pour la suite, jusqu'à environ la moitié de saison. L'ambiance est toujours là, mais il y a comme un froid, une distance qui s'est installée. De part la prohibition notamment, cette période était propice aux suspicions, ne laissant que peu de confiance s'installer au sein de la société. Les relations entre hommes et femmes ne sont également pas beaucoup plus rapprochées. Certaines femmes s'attirent toutes les faveurs et un train de vie agréable en devenant les privilégiées des hommes de pouvoir. Pas de mariage, peu de confiance et de confidences entre les amants et encore moins de romantisme. Cette distance se ressent beaucoup à l'écran, les personnages sont ainsi attrayants et captivants mais surtout individuellement, les relations entre eux s'évaluant souvent sur des rapports de force.

Parmi les personnages, Nucky Thomson (Steve Buscemi) fait un mafieux à la fois dominant (il gère la ville et les trafics d'alcool) et faussement bienfaiteur, tout a un prix pour lui, qu'il obtient par n'importe quel moyen. Jimmy Darmody (Michael Pitt), soldat revenant tout juste d'Europe de la première guerre, rentre auprès de son fils et de sa compagne. Considéré comme l'homme de main de Nucky, et malgré son côté très introverti et replié, il va aussi faire son petit business à lui et se crée son propre réseau social, notamment avec l'aide d'Al Capone (Stephen Graham), même si la confiance n'est pas non plus au beau fixe entre eux deux. Quand on parle prohibition, il y a forcément des agents traquant les trafiquants, mission totalement investie par Nelson Van Alden (Michael Shannon). Étrange personnage, qui m'a surtout donné une image inconfortable, Michael Shannon est tout simplement excellent mais à force de le voir dans de tels rôles, j'ai du mal à le rendre totalement humain... Du côté des femmes, Margaret Schroeder (Kelly MacDonald), depuis peu veuve et maman de deux enfants, rencontre Nucky à une campagne pour le droit de vote des femmes. D'abord un peu naïve, sa façon de voir les choses va évoler au fil de la saison. Ses confrontations avec Lucy Danziger (Paz de la Huerta) sont d'ailleurs assez incroyables. Beaucoup aimé aussi les personnages de Angela Darmody (Aleksa Palladino), Chalky White (Michael K. Williams), Richard Harrow (Jack Huston) et le majordome Eddie Kessler (Anthony Laciura)

Boardwalk Empire met donc du temps à convaincre, pour ma part, cette aventure a fini par me rendre vraiment curieuse en mi-saison, puis m'a totalement captivée. D'autres thèmes sont aussi abordés, comme l'homosexualité, le Ku Klux Klan, l'utilisation du Lysol... Et tout compte fait, j'ai suivi la série comme un long film, où l'enjeu n'est pas forcément de rendre un épisode meilleur qu'un autre mais de raconter une histoire sur une période précise et détaillée, à l'aide de 12 épisodes, la corruption et les faux-semblants étant les maîtres-mots de cette ambiance générale. La série fait briller Steve Buscemi, lui-même entouré d'un superbe casting. Pour ceux qui ont vu la série, à suivre un reportage sur le dernier épisode de la saison :


3 commentaires:

  1. >>Nelson Van Alden (Michael Shannon) - Étrange >>personnage, qui m'a surtout donné une image >>inconfortable, Michael Shannon est tout >>simplement excellent mais à force de le voir >>dans de tels rôles, j'ai du mal à le rendre >>totalement humain...

    Si je puis me permettre de faire un lien, tu devrais lire l'article du NY Times, si tu ne l'as pas fait. J'aime d'ailleurs bien le passage où il parle de son rôle dans Boardwalk : http://www.nytimes.com/2010/12/26/theater/26shannon.html?_r=2

    Autrement, je suis aussi d'avis qu'elle met du temps à se trouver et que la seconde partie est bien plus intéressante. Aux rayons des défauts à mon goût : beaucoup de scènes de sexes totalement inutiles au point qu'on en est venu à faire des blagues sur le fait que Paz devait avoir un contrat lui interdisant de porter des vêtements, le développement avec la femme de Jimmy assez bancal et inconsistant (quand il est à Chicago pour situer et non spoiler), le fait que la série ressasse par moment (assez répétitif avec Margaret et son acceptation du milieu dans lequel elle est), un manque d'exploitation de la prohibition à mon goût (le fait qu'on ne voit quasiment pas Michael K. Williams dit tout ce qu'il y a à dire sur la question).

    J'espère qu'on verra bcp plus Gretchen Mol la saison prochaine. J'étais sceptique au début (ne serait ce que par l'âge, difficile de la voir comme la mère) mais son histoire et l'évolution dans la seconde partie a fait que j'ai vraiment accroché. Tout ce qui touche à Jimmy avec le Commodore était vraiment bien. Ce qui est drôle, c'est que dans les débuts de la série, Jimmy semblait ne pas avoir sa place et qu'à l'arrivée, il est devenu le personnage que j'ai préféré - bien développé et ayant bien évolué.

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  2. Pour ma part, j'ai commencé la série un peu après tout le monde car vu les échos tièdes, on n'était pas pressés de la regarder, pas sûrs que ça nous plaise (entre autres parce qu'on n'avait pas accroché aux Sopranos).
    Et finalement, on a adoré dès le 1er épisode ! Vraiment, contrairement à tous les avis lus, je n'ai pas eu à "m'accrocher" ou "attendre" que ça devienne mieux, j'ai été happée illico et on s'est enfilé les 12 épisodes rapidement !

    Après évidemment je ne dis pas que la série n'a pas de défaut (comme dit Carole le sujet de la prohibition en lui-même n'est pas trop exploité + les scènes de sexe à gogo typiquement HBO, c'est pénible), mais j'ai adoré, outre la superbe (et chère) reconstitution, que chaque personnage soit très riche (rien que Nucky et Margaret sont assez complexes, cela les rend très réalistes) et très bien écrit (il y a de très bonnes répliques par moments), avec chacun sa propre histoire, son propre thème (comme tu dis l'homosexualité, le racisme, la place de la femme, le traumatisme de la guerre...), et aussi brillamment interprété (mention spéciale à Steve Buscemi qui malgré son physique ingrat a ici un charisme étonnant et rend le personnage de Nucky fascinant).

    Pour Michael Shannon par contre j'ai un peu le même problème que toi et je tique un peu sur son personnage too much mais bon...
    J'aime beaucoup le personnage de Richard Harrow par contre, qui sera un "series regular" en 2e saison.

    En tout cas j'ai hâte de voir la suite, surtout que vu comme tout ça fait partie de l'Histoire (oui avec un grand H) des USA, il y a de quoi faire une saga étalée sur des décennies (puisqu'on voit Lucky Luciano et Meyer Lansky on peut voir la création de Las Vegas par exemple) !

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  3. J'attends avec impatience la sortie en DVD. Ca fait plaisir de voir un blog proposant de bonnes critiques des séries US, c'est assez rare pour être signalé.

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