Prayers for Bobby, de Russell Mulcahy


Film TV de Russell Mulcahy (2009)
Avec Ryan Kelley, Sigourney Weaver, Henry Czerny, Dan Butler, Austin Nichols, Carly Schroeder, Shannon Eagen, Scott Bailey...
Mary Griffith est la mère de Bobby, jeune homme gay, qu'elle tente de "soigner" selon son interprétation de la bible et de ses croyances religieuses. Par désespoir et par peur d'un avenir sans parents qui l'acceptent tel qu'il est, il se suicide... Inconsolable et traumatisée par sa disparition, Mary va remettre en question ses convictions, et devenir une militante dans l'aide de l'acceptation des enfants homosexuels par leurs parents.
Téléfilm sorti en 2009, Prayers for Bobby est l'adaptation du roman éponyme de Leroy F. Aarons, journaliste américain, qui s'est inspiré de l'histoire vraie de Bobby Griffith, en lisant son récit tragique dans le journal. L'histoire date du début des années 80, le téléfilm débute avec des images et une musique portés surtout sur la religion. On découvre les deux personnages principaux, Mary Griffith (Sigourney Weaver) en train de coudre, et Bobby (excellent Ryan Kelley), qui s'approche du bord d'un pont... Les éléments pour la suite nous sont déjà quasiment tous présentés. 

Le générique établit ensuite les présentations de la famille de Bobby, et son sentiment de malaise quant à l'annonce de son homosexualité envers sa famille. Peur du rejet, peur de la honte face aux autres, peur aussi de la religion qui lui appris qu'être gay allait l'envoyer en enfer... Une aberration, une abomination de penser ainsi, chose que sa mère va malheureusement continuer à lui enseigner, en pensant pouvoir "guérir" son fils de son homosexualité, grâce à la bible. Tout est question d'interprétation de ces écrits, elle croit y lire des textes qui rejettent son fils qu'elle veut sauver à tout prix. Livres, extraits de la bible affichés partout dans la maison, groupe de soutien, elle va tout tenter. A ce sujet-là, aux Etats-Unis ont été créés des Conversion therapy ou Reparative therapy, des centres de rééducation censés changer l'orientation sexuelle de jeunes gens. Comme par hasard, la religion est très présente au sein de ces 'camps'. Une horreur si vous voulez mon avis. 

Pour revenir à Bobby, malgré tout l'amour qu'il porte à sa mère et malgré ses croyances religieuses, il finit par quitter le domicile familial pour Portland. On pourrait croire que cette nouvelle liberté, les rencontres qu'il va faire, ses premiers amours, le sauveraient. Mais comment vivre pleinement sa vie en se sachant mal-aimé et rejeté de sa propre mère? A partir de là, le téléfilm prend une autre tournure, avec le suicide de Bobby, où on découvre ensuite le cheminement de sa mère qui va petit à petit changer son fusil d'épaule, rencontrer des personnes plus ouvertes d'esprit, même des gens d'église qui lui montrent que son plus grand tort n'est pas forcément sa foi mais surtout ce qu'elle en a interprété. Sa vision des choses évolue aussi quand elle se met à lire les écrits personnels de son fils. Chercher le positif dans son malheur, c'est toute cette énergie qu'elle va donner pour d'autres jeunes et parents dans le besoin, et devenir une militante pour les droits des homosexuels.

Autour de moi, et dans l'actualité, il y a encore beaucoup trop de choses que j'entends ou que je lis qui me poussent à me dire que parler de l'homosexualité, et dénoncer l'homophobie, n'est jamais suffisant. Ce téléfilm nous parle d'une histoire qui date d'il y a 30 ans, et qui est toujours d'actualité. Malheureusement. Encore aujourd'hui, Kristin Chenoweth s'est justement indignée d'un article paru dans Newsweek où le journaliste clame le fait qu'un acteur publiquement gay ne peut jouer le rôle d'un personnage hétérosexuel. Indignation! Personnellement que l'acteur soit gay ou non, cela ne met jamais en doute mon intérêt/admiration pour l'un de ses personnages (je pense que le dernier exemple en date est Matt Bomer dans White Collar). A suivre une bande-annonce du téléfilm en question (via Gayclic), et si vous souhaitez lire un autre avis encore plus complet, je vous recommande l'article de Joannic. Pour info, Prayers for Bobby a reçu de nombreux prix, dont celui, cette année, du Glaad award.

8 commentaires:

  1. Bien d'accord avec toi et faut que je guette si je vois ce téléfilm passer...

    RépondreSupprimer
  2. Sans grande prétention (dans la réalisation j'entends), c'est une superbe histoire. Le désespoir ressenti tant par Bobby que par sa mère (encore une fois, Segourney Weaver est magnifique) est merveilleusement retranscrit. A voir, faire voir, pour faire réfléchir certains.

    RépondreSupprimer
  3. Sinon, ce documentaire sort cet été aux USA http://www.mormonproposition.com/

    RépondreSupprimer
  4. Ah ? Matt Bomer est gay ?

    C'est cool, ça ! ;)

    RépondreSupprimer
  5. D'accord à 100% avec toi bien sur et j'avoue que ça me déprime quand je lis des pitchs comme celui-ci. Je vais essayer de mettre la main sur ce téléfilm.

    RépondreSupprimer
  6. >blythe : il est passé en France l'année dernière en avril (assez vite pour une fois), sinon tu ne devrais pas avoir trop de mal à le trouver ;)

    >Yo : oui voilà, je me suis surtout concenrée sur le fond et non la forme, qui est plutôt basique (et dotée d'une bande son pas terrible...) Les acteurs sont très bien, surtout les deux principaux, et comme tu dis, si cela peut en faire réfléchir certains...

    >Hyacinthe : je vais me renseigner pour le documentaire! Pour Matt Bomer, cela n'a jamais été confirmé, c'est même plutôt caché... mais quand tu vois ce superbe baiser/sourire (http://mynewplaidpants.blogspot.com/2009/10/and-speaking-of-matthew-bomer.html) je me dis que c'est bien dommage de garder cela secret...

    >Tink again : moi aussi ça me déprime, c'est exactement le sentiment que j'éprouve! pour les histoires que je lis dans les news, je me dis que c'est peut-être dramatisé (même si ça me fout en rogne quand même), mais le pire ce sont surtout les commentaires que j'entends en vrai autour de moi qui me dépriment! Le téléfilm ajoute encore plus une couche vis-à-vis de la religion...

    RépondreSupprimer
  7. je l'ai vu sur M6 il y a pas longtemps, histoire qui m'avez toucher(je ne comprends pas que de nos jours encore ce genre mentalité où les gens pense que être homosexuel est une maladie, qu'ils faut les guérir...me donne envie de vomir!!!)bref c'est très bien jouer(Sigourine Weaver et Ryan Kelley en premier)avoir et a revoir!!!

    RépondreSupprimer
  8. >amy : ha tiens, je ne savais pas qu'il était repassé dernièrement, tant mieux! on est bien d'accord donc...

    RépondreSupprimer